Aide et outils pour opticiens-optométristes

Règles du magasin & exercice

Diplôme, salle d'examen de vue, devis, 100% Santé, C2S et mutuelle, publicité, vente en ligne : les règles d'exercice du magasin, chacune avec son article de loi et le lien officiel.

Synthèse des règles d'exercice du magasin d'optique, à jour des textes en vigueur. Chaque règle renvoie à sa source officielle. En cas de doute, le texte officiel fait foi.

⚠️ Actualité — Campagne de contrôles DGCCRF (mai à septembre 2026)

La DGCCRF mène en 2026 une campagne nationale de contrôle des magasins d'optique. Nouveauté : les contrôles ne se limitent plus à de simples rappels à la loi et peuvent désormais donner lieu à des suites correctrices — injonctions de mise en conformité, amendes administratives ou procès-verbaux. Parmi les points vérifiés : présence effective d'un opticien diplômé aux heures d'ouverture, devis signés par un diplômé, mentions Bloctel et médiateur de la consommation sur les devis, affichage du devis gratuit et des prix, port du badge, et détection des faux avis en ligne.

DGCCRF — réglementation optique

1. Diplôme et qui peut exercer

L'opticien-lunetier doit être titulaire d'un diplôme reconnu (BTS opticien-lunetier ou diplôme assimilé). La délivrance de verres correcteurs et de lentilles est réservée aux personnes autorisées à exercer la profession : c'est le monopole de l'opticien.

Art. L. 4362-9 du Code de la santé publique

Depuis la loi Hamon (2014), un non-diplômé peut diriger ou gérer un magasin au sens social, mais la présence d'un opticien diplômé pendant les heures d'ouverture reste obligatoire.

Loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 (art. L. 4362-9)

L'opticien est identifié dans le magasin par le port d'un badge indiquant nom, prénom et titre professionnel. Le diplôme est enregistré auprès de l'ARS : depuis le 3 juin 2024, cet enregistrement se fait au RPPS (Répertoire partagé des professionnels de santé) via le portail eRPPS, en remplacement de l'ancien répertoire ADELI devenu obsolète.

Agence du Numérique en Santé — bascule ADELI → RPPS (2024)
✅ Comment faire — s'enregistrer au RPPS
  1. Connectez-vous au portail eRPPS (esante.gouv.fr → portail d'enregistrement eRPPS) via FranceConnect pour un premier enregistrement. La démarche est entièrement en ligne : le formulaire papier (CERFA) et l'ADELI n'existent plus.
  2. Renseignez votre dossier : état civil, pièce d'identité (CNI, passeport ou titre de séjour — pas le permis), diplôme, et votre activité (lieu d'exercice). Vérifiez bien votre adresse postale, votre mobile et votre e-mail : ils servent à l'envoi de la carte CPS et à l'activation de la e-CPS.
  3. L'ARS valide votre demande (comptez en général 4 semaines, parfois jusqu'à 2 mois). Une fois validé, vous recevez votre numéro RPPS, identifiant national unique et à vie. Vous pourrez télécharger votre attestation d'enregistrement et vérifier votre fiche sur annuaire.sante.fr.

Déjà un ancien numéro ADELI ? Un numéro RPPS vous a été attribué automatiquement — retrouvez-le sur annuaire.sante.fr ou auprès de l'ARS de votre département.

ANS — portail eRPPS
✅ Comment faire — obtenir sa carte CPS et activer sa e-CPS
  1. Première carte CPS : une fois votre activité déclarée et validée sur eRPPS, commandez votre carte sur le portail « Commander ma carte » de l'ANS. Elle est ensuite envoyée à votre adresse de correspondance. Le renouvellement à expiration (3 ans) est automatique.
  2. e-CPS (la version dématérialisée sur smartphone) : tous les professionnels y sont éligibles. Activez-la depuis l'application e-CPS, à condition que votre mobile et votre e-mail soient bien à jour dans votre dossier eRPPS. Elle permet de vous connecter aux services (eRPPS, DMP, MSSanté…) sans carte physique.

Carte CPS/e-CPS : c'est l'ANS qui gère (création, renouvellement, déblocage), pas l'ARS. Assistance : 0 806 800 213.

ANS — carte CPS et e-CPS

2. La salle / espace d'examen de vue

L'opticien qui détermine la réfraction reçoit le patient dans l'enceinte du magasin ou dans un local attenant, conçu pour permettre de bonnes conditions d'isolement phonique et visuel et d'assurer la confidentialité des informations échangées. Les locaux sont équipés de manière à préserver l'intimité du patient.

Art. D. 4362-18 du Code de la santé publique
Le texte n'impose pas de surface minimale chiffrée (le « 6 m² » parfois cité ne figure pas dans la réglementation). Ce qui compte juridiquement : isolement phonique et visuel, confidentialité, intimité. L'opticien doit aussi disposer d'un atelier équipé du matériel d'usinage et de contrôle, tout montage étant réalisé sous le contrôle d'un opticien.

3. L'examen de réfraction n'est pas un examen médical

L'opticien informe le patient que l'examen de réfraction pratiqué en vue de l'adaptation ne constitue pas un examen médical. L'opticien n'est pas habilité à diagnostiquer les pathologies oculaires (DMLA, glaucome, cataracte…).

Art. L. 4362-10 du Code de la santé publique

4. Publicité et communication

L'opticien s'interdit, en dehors de son lieu d'exercice, toute publicité et communication destinée au public sur sa capacité à déterminer la réfraction. Il ne peut communiquer sur cette capacité que dans son local et dans un but informatif, sans en faire un argument exclusivement commercial.

Art. D. 4362-19 du Code de la santé publique

La publicité pour les équipements d'optique (dispositifs médicaux) n'est pas soumise à autorisation préalable. L'opticien peut communiquer de manière neutre et objective sur l'offre 100% Santé et indiquer sa disponibilité en magasin. Le contrôle est effectué a posteriori par l'ANSM.

Arrêté du 24 juin 2022 (convention opticiens / assurance maladie)

5. Le devis normalisé obligatoire

Avant tout achat, l'opticien remet un devis normalisé gratuit. Il doit obligatoirement comporter une offre 100% Santé (classe A) à côté de l'offre à prix libres, et identifier précisément montures et verres (fabricant, modèle, caractéristiques).

Arrêté du 24 juin 2022 / réforme 100% Santé

Obligation d'afficher en vitrine et à l'intérieur la mention : « Un devis détaillé vous est remis gratuitement avant tout achat de produit correcteur ».

DGCCRF — réglementation optique

6. Le port du badge professionnel

Tout opticien-lunetier est identifié, au sein du magasin, par le port d'un badge indiquant son nom, prénom et titre professionnel. Cette obligation découle du monopole de délivrance : le client doit pouvoir reconnaître le professionnel de santé habilité.

Art. D. 4362-16 du Code de la santé publique

7. Les affichages obligatoires en magasin

Deux affichages sont contrôlés en priorité :

• La mention « Un devis détaillé vous est remis gratuitement avant tout achat de produit correcteur », visible et lisible en vitrine et à l'intérieur du magasin.

• Le prix et l'intitulé des prestations proposées (examen de vue, réparation, adaptation…), affichés de manière lisible depuis l'extérieur, en vitrine. Cette obligation vaut aussi pour les sites de vente en ligne.

Arrêté du 28 avril 2017 (information de l'assuré)

8. Le panier 100% Santé en magasin

Chaque opticien doit présenter en point de vente au moins 17 modèles de montures adultes (en 2 coloris) et 10 modèles enfants (en 2 coloris), à un prix ≤ 30 € (classe A). En comptant les coloris, cela représente 34 montures adultes et 20 enfants.

DGCCRF / Ministère de l'Économie

On peut panacher : verres d'une classe et monture de l'autre. En revanche, il n'est pas autorisé de prendre des verres de deux classes différentes. La prestation d'adaptation de la correction peut être valorisée à 10 € maximum.

ameli.fr — 100% Santé optique

9. C2S (ex-CMU) et mutuelle

Pour un bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire (C2S), l'opticien est tenu de proposer des équipements de classe A dans les limites de prix C2S et de remettre un devis portant la mention « Complémentaire santé solidaire ». Si le client accepte la classe A, il n'a rien à payer (tiers payant intégral).

complementaire-sante-solidaire.gouv.fr

C2S + mutuelle : le cumul est possible — la mutuelle agit alors en surcomplémentaire. Sur le panier 100% Santé (classe A), la C2S couvre déjà tout, donc la mutuelle n'ajoute rien.

FAQ Complémentaire santé solidaire

Si le bénéficiaire C2S choisit du panier B (prix libres) : il renonce à son régime préférentiel et relève du droit commun. La C2S ne couvre alors que la part de base (ticket modérateur) ; c'est sa mutuelle (surcomplémentaire) qui prend le relais sur le panier B, selon ses garanties.

ameli.fr — prise en charge C2S
Tiers payant : le tiers payant sur le panier B n'est pas une obligation légale (ni pour l'opticien, ni pour la complémentaire). En pratique, faire le tiers payant avec la mutuelle suppose d'être conventionné avec elle (réseaux type Carte Blanche, Itelis, Kalixia, Santéclair…). À défaut de convention, le client avance les frais et se fait rembourser sur facture. Les modalités précises de codification dépendent de votre logiciel et de votre organisme de tiers payant.

10. Vente en ligne et monopole

La délivrance de verres correcteurs et de lentilles relève du monopole de l'opticien (articles L. 4211-1 et suivants). Un site de vente en ligne doit mettre un opticien-lunetier à disposition du patient pour information et conseils, et faire apparaître un lien vers la réglementation applicable.

Art. L. 4362-9 et L. 4211-1 du Code de la santé publique

La vente en ligne reste subordonnée à la vérification d'une ordonnance en cours de validité par l'opticien, comme en magasin.

Art. L. 4362-10 du Code de la santé publique

11. Autres obligations du magasin

Le magasin est un établissement recevant du public (ERP) : règles de sécurité incendie et d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite. L'opticien doit souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle. Il est aussi soumis au développement professionnel continu (DPC) : une obligation individuelle et triennale de formation (période en cours 2026-2028), dont le respect est contrôlé par l'employeur pour les salariés, ou par l'ARS (au moins tous les 5 ans) pour les indépendants.

DGCCRF — réglementation opticien Agence nationale du DPC
✅ Comment faire — valider son DPC
  1. Créez votre compte sur l'espace professionnel de l'Agence nationale du DPC : agencedpc.fr/professionnel (le site mondpc.fr a fermé, tout passe désormais par là). Munissez-vous de votre numéro RPPS à 11 chiffres et d'un RIB.
  2. Choisissez vos actions dans le catalogue, parmi les organismes agréés ANDPC. Sur la période 2026-2028, il faut au moins 2 actions parmi 3 types (formation, évaluation des pratiques, gestion des risques), en lien avec une orientation prioritaire opticien (basse vision, vision de l'enfant, réfraction, capacités visuelles au travail).
  3. Inscrivez-vous avant le début de la formation (sinon pas de prise en charge), suivez-la, puis récupérez votre attestation et votre document de traçabilité dans votre espace personnel — c'est lui qui prouve que vous êtes en règle en cas de contrôle.

À noter (2026) : les frais pédagogiques restent pris en charge, mais l'indemnité forfaitaire ne s'applique plus aux formations suivies 100 % en e-learning.

agencedpc.fr — espace professionnel
Cette page est une synthèse informative à destination des professionnels. Elle ne remplace pas les textes officiels, qui font seuls foi, ni un conseil juridique. La réglementation évolue : vérifiez toujours la version en vigueur via les liens fournis.

Voir aussi

Ordonnances & prescription → Tous les outils opticien →
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